Après un passé de photographe bourlingueur durant près de 10 ans avec Michèle, mon épouse, il fallu choisir entre élargir la famille ou nos voyages. En saluant respectueusement l'Asie, terre de nos reportages et de sagesse nous nous sommes peu à peu retirés sur la pointe des pieds.
Le rendez vous était prévu : il fallait nous recycler pour que ce jeune couple puisse devenir famille. Sur le tard donc, un changement de job s'imposait. Mais que faire? La photographie avait donné le meilleur d'elle même au brave homme, il lui fallait tout autre chose.
Retour à l'école, sur les bancs universitaires cette fois, avec comme défi un titre de psychologue. Il fut gagné à quasi 40 ans, en couple, rien que du bonheur.
Shan arriva à cette époque. Il fallu 2 ans 1/2 pour s'apercevoir (ou accepter) que quelque chose était étrange. Après une âpre lutte avec les médecins, le diagnostic tomba : un syndrome, celui d'Angelman dont les caractéristiques majeures sont l'impossibilité de parler et un retard mental sévère.
Les bouquins de psycho fraichement remisés allaient servir comme jamais, l'appareil photo renaissait pour un second souffle : illustrer en image ce monde que Shan ne comprenait pas.
Shan avait donc grand besoin des deux. Il n' y a pas de hasard, dit on. Juste de la chance, peut être...